Anecdotes

Le Certificat d’Etudes.

 

Dictée : Bien les coups de règle de Mr Tisano y sont pour quelques choses

Rédaction : T. Bien Aptitude à la composition écrite – dixit Mr Pureur

Récitation : T. Bien « Le petit Palémon » est dit avec justesse, sans anicroche

Calcul : Passable Les trains de Mr Cazalet se croisent trop vite

Histoire/Géo : Moyen Dur, dur de comprendre Mr Vicente

Dans l’attente du résultat des épreuves, le fac-similé (ci-dessus) des notes plutôt favorables n’apaise pas mes angoisses ; un sentiment irraisonné me fait craindre le pire.

Le jour fatidique de la parution des résultats, la lecture de l’Echo d’Oran confirme mes inquiétudes ; mon nom n’y figure pas ; quelle « verguenza » !!!

Fort heureusement, la fin de mon cauchemar ne tenait qu’à un cheveu, celui de mon grand cousin. En effet, l’après-midi même, celui-ci confiait sa tignasse aux bons soins de Salvador, le coiffeur. Bien installé dans son fauteuil, serviette protectrice sur les épaules, il compulse les colonnes d’Oran-Républicain que la providence a mis entre ses mains.

Stupéfaction ! à la page des résultats du C.A.P. mon nom et mon prénom y sont écrits. Bondissant hors de la boutique, plantant là le barbier ahuri, il dévale, journal en main, la rue de l’Arsenal jusqu’ au « patio » de notre petit immeuble ; épuisé, essoufflé, lâchant un râle tel le marathonien annonçant la victoire, il s’écria : « Jojo est reçu »."

Joseph RIHET

 

"Un emploi «Jeune»

 

Au lendemain de mes 16 ans, pour mon premier emploi, je fus recruté par un organisme de Sécurité Sociale dit du Bâtiment et des Travaux Publics, dont le siège se trouvait place Villebois-Mareuil, face au café Riche, au 3 ème étage d’un bel immeuble.

Volonté de l’employeur ou simple coïncidence, les jeunes étaient nombreux, et parmi eux, beaucoup d’enfants de La Marine, tels Francine Inesta, Antoinette Gomez, Manou Gomez ou Nicolas Pastor ; après une période d’essai en tant que secrétaire, garçon de courses ou préposé au classement, nous étions affectés selon nos aptitudes dans différents services.

Pour ma part, je fus employé comme « teneur de livres », eu égard peut-être aux cours du soir que je suivais pour obtenir un CAP d’aide-comptable.

Je me souviens encore de ce temps et je revois le petit groupe que nous formions, qui, du lundi au samedi, faisait le chemin à pied, bien sur malgré la distance, matin, midi et soir ; cette marche nous permettait d’économiser le coût du bus qui se transformait en argent de poche, bien nécessaire pour nos distractions.

La journée commençait à 8h, puis cessait à 12h pour reprendre à 14h, le temps de descendre à La Marine pour déjeuner et remonter en ville pour terminer à 19h : vous imaginez la semaine des 35 heures !!!! mais pour nous, et malgré les « Evènements », c’était une époque heureuse et insouciante, car nous étions ravis et fiers d’avoir ces emplois qui nous faisaient découvrir les facettes de la vie professionnelle et nous apportaient une certaine maturité, et ce, dans la perspective d’une vie d’adultes responsables.

D’ailleurs, c’est précisément dans cet organisme que j’ai eu le plaisir de rencontrer une jeune fille qui, quelques années plus tard, allait devenir mon épouse et la mère de nos enfants.

Mais, ceci est une autre histoire vécue sur une terre d’accueil, bien loin de notre beau et cher pays."

Raphaël PASSARELLI

 

 

 

Sécheresse ! la France en pénurie d’eau ! ! !

Par arrêté préfectoral, les premières mesures de restrictions sont renforcées : limitation de l’arrosage, interdiction de laver les voitures, remplir les piscines ou de prélever dans les nappes….

Perturbé par tant de dispositions, mon sommeil tardif est le résultat d’une combinaison incohérente d’idées qui tournent au cauchemar : est-il aussi interdit de mettre de l’eau dans l’anisette ? sans eau, comment trinquer avec les copains à la brasserie  « Marcel Cerdan » de Playa de Aro ? Une sensation d’oppression, comme un poids sur la poitrine, oblige mon imagination à trouver une solution ; mon subconscient me conduit à La Marine, au quai de la Douane devant le bateau-citerne d’eau douce, « la agua dulce ».

Vais-je enfin apporter un dénouement heureux à cette difficulté ? muni de deux seaux remplis du précieux liquide, encadré par mes aînés qui persistent à me regarder d’un œil «torve » (traduction de tuerto), je m’applique à remonter vers ma demeure en prenant soin de n’en perdre aucune goutte. Hélas, tétanisé par le poids, mes petits doigts ont du mal à maintenir l’équilibre des seaux ; un mini tsunami se produit brutalement et une vague funeste franchit les bords ; leur contenu se répand alors dans sa totalité sur le macadam.

Un vif calbote sanctionne alors cette bévue et provoque de surcroît mon réveil ; dressé sur mon lit, hébété, je me trouve dans un état de sudation extrême, ruisselant d’eau sans ………….anisette ! ! !"

Joseph RIHET

 

"Les vaches du Lazaret :

 

" Je devais avoir une dizaine d'années et je me souviens toujours des vaches qui, remontant du port par les rue d'Orléans, puis de Lodi, arrivaient au "lazaret municipal" de la rue du matelot Landini, situé en face de l'épicerie de Micaéla, sorte de patio profond dans lequel elles s'entassaient dans des boxs.

En les voyant arriver (elles étaient un bonne vingtaine), nous les enfants, nous nous sauvions en criant : …les vaches, les vaches… et entrions en courant dans les couloirs des maisons, un œil discret à la porte entrebaillée afin de les apercevoir de près. Un jour, tapie derrière la porte de ma copine, Nini, j'ai vu une vache se diriger lentement vers mon habitation avec "puerta a la calle"; heureusement la porte à deux battants était fermée, car, la vache, collant son museau sur les bois, tentait d'y pénétrer; l'odeur de sardines grillées l'avait certainement attirée. Inutile de vous dire ma crainte et mon désarroi, étant donné que ma mère, aveugle, se trouvait à l'intérieur et j'imaginais la réaction qu'elle aurait pu avoir en sentant cette présence inattendue et inconnue.

Mais, un des guides s'en aperçut et courut tirer sa vache "oueleora"vers le lazaret; ouf, que sousto j'ai eu! ! ! Cependant, au même moment, un petit garçon, à peu près de mon âge, vêtu d'un beau costume, remontait la rue derrière les vaches. (il devait être le fils du propriétaire des bovins, étant donné que, dans notre quartier, je n'avais pas l'habitude de voir des enfants portant le costume, à l'exception des "communions solennelles"); il s'arrêta devant moi, sortie de ma cachette et me donna alors un "besico", puis repartit en courant, me laissant là, plantée comme une "tonta" à la fois étonnée , courroucée et ravie à la fois….."

Antonia GALLARDO/PARRA

 

 

"Las Golondrinas:

 

C'est avec "Oran la radieuse" un des deux titres d'un ouvrage, , écrit par notre ami, Jean-Pierre Perez , membre de l'AEEMO; ce dernier a, en effet, relaté dans son livre l'histoire de notre chère ville d'Oran, notamment la période espagnole, bien avant la conquête par la France en 1838, mais aussi en hommage aux ouvriers espagnols du 19 ème siècle, qui, comme les hirondelles (las golondrinas) quittaient leurs villages du sud de la péninsule ibérique pour venir un certain temps sur notre terre natale et repartir, puis revenir, etc…

Extraits:

" Un jour, j'ai fait un rêve tout éveillé…….je ne savais plus quelle était la date de ce jour: 20 mai 1509 ? 17 novembre 1849 ? 5 juillet 1962 ?

M on songe devint guerrier; les troupes de Alvaro de Bassano, Marquis de Santa-Cruz, aidées par celles du Cardinal Ximenez dévalaient la pente pour entrer dans Oran, blottie au pied du fort, juste au dessus de la Marina, petit port mal protégé des colères de la mer……Dès que la voûte céleste allumait ses étoiles et que la nuit étalait son voile, le regard des défenseurs de la ville se faisait plus perçant. La crête mousseuse des vagues amenait, peut-être, une galère barbaresque….

Entendez-vous les pas cadencés des soldats?... ….Les bottes sonnent le long des ruelles: calles de San Roque, de Madrid, de la Amargura, de la Parra, del Amor de Dios, plaza de de las hierbas ou plaza Principal; le chef de patrouille s'assure que las Puertas de Tlemencen et de Canastel sont bien verrouillées…. Du haut de la Alcazaba, la vigie fait un grand geste silencieux à ceux qui passent au pied du mur d'enceinte et de la Torreon…..Le sereno, balançant sa lanterne, parcourt ces ruelles et contourne les solides maisons de pierre; il chantonne: ….dormez, dormez tranquilles, je veille sur vous…la nuit est douce. Dieu est avec nous, tout est calme…

La nuit a été longue…et pendant que la cloche argentine de la capilla (église St-Louis) sonne matines, celle du Couvento de San Francisco prolonge l'élan religieux et successivement, comme en écho divin, les cloches des de San Domingo et Santa Merced réveillent les derniers dormeurs autour de la plaza Principal (place de la Perle)…..

Un vol d'hirondelles (las golondrinas ) aux cris aigus me tira définitivement de mon songe……….."

J.P. PEREZ

 

 

"Bro Mein Lao ( le Pays des Pierres debout )

 

En passant quelques jours sur la côte bretonne, devant le groupement considérable de monuments mégalithiques du site de Carnac, à l'approche d'un gigantesque menhir isolé, j'ai eu soudain la sensation intense d'avoir déjà vu cette curiosité; était-ce la réminiscence d'un souvenir enfoui? Dans une troublante impression, une image du passé revint en mon esprit: l'énorme rocher dressé verticalement dominant la "Montanica", rue de Barcelone à la Calère.

Est-il nécessaire de souligner qu'il n'y a aucun lien géologique, commémoratif ou culturel entre ce qui a été construit par les populations et cet élément naturel.

Les gosses, que nous étions alors, avions fait de cette masse imposante notre bastion; pistolets ou carabines factices en main, nous le prenions d'assaut ou le défendions au gré des rôles impartis aux uns et aux autres. Nous le transformions en camp retranché à grands cris guerriers tels que" Aïïïïou Sioumbé… ", remake des scènes de western vues au ciné du Patro et corrigées par nos fantasmes de gamins, dans ce décor "calérien", digne des films hollywoodiens.

A Carnac, devant ces milliers de grands blocs de pierre bruts, excellemment conservés, disposés en alignement ou en cercles

précis, je ne pus m'empêcher de songer à notre unique et proéminent vestige du quartier. Est-il encore visible ? A-t-il résisté aux différents actes de vandalisme ? Toujours debout, est-il, encore de nos jours, le théâtre de jeux puérils ?

Détachant mon regard du champ de pierres préhistoriques et reportant mon imagination sur "Mon lointain rocher", mon esprit vagabond s'activa alors à redonner vie aux cow-boys de la Marine."

Joseph RIHET

 

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Anecdoctes page 3

 


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